KAFKA SUR LE RIVAGE INDIEN

Je vous comprends bien, vous ne comprenez pas ce que je fais encore sur le sol belge. J’ai dû faire quelques efforts aussi. Je dois à chaque fois expliquer à mes questionneurs que les voies de l’administration indienne sont impénétrables. J’ai toutefois essayé d’être plus objectif et complet à ce sujet. Voici à peu près la dernière explication que j’ai envoyée à un ami curieux de comprendre….

Les autorités indiennes ont changé il y a peu leur politique vis à vis des ONG (qui se comptent par dizaines de milles) et autres travailleurs sociaux).
Je pense que la raison de ce changement présente plusieurs facettes:

– les attentats à Bombay en novembre 2008 ont été partiellement financés par d’obscures ONG.
– d’autres ONG beaucoup moins obscures mais pas toujours recommandables s’adonnent à diverses activités illicites: souvent du commerce mais parfois des trafiques peu reluisants, d’après ce qu’on m’a dit, l’appât du gain fait faire de tristes choses aux hommes.
– pour des raisons que je suppose économiques, les services consulaires belges ont fortement réduit le débit des visas octroyés à des pays comme l’Inde et la Chine, et parfois de manière fort cavalière, ai-je entendu dire. L’Inde riposte en serrant le robinet aux ressortissants belges.
– le gouvernement indien (moi aussi) se méfie comme de la peste des initiatives humanitaires cachant des actions évangéliques.
– l’Inde en plein essor économique prend sa revanche sur le passé et un vent nationaliste souffle sur la région: ce que l’on peut faire nous-même ne sera plus fait par des étrangers.

Tout cela peut expliquer leur position par rapport aux ONG. Ce n’est jamais que mon avis et celui de ceux qui m’entourent.

Il y a évidemment du burlesque qui vient s’en mêler: pour ne pas prendre position ouvertement, j’imagine, le Ministère des affaires étrangères indien n’a pas édité cette année la liste des ONG agréées et donc autorisées entre autres à inviter des travailleurs sociaux (tel que moi-même). Ce qui signifie que depuis 4-5 mois les ambassades doivent demander l’autorisation à Delhi pour octroyer le fameux visa de volontaire. Mais, fait plaisant, Delhi ne répond plus… Même pas à ses ambassadeurs. C’est du moins une explication avancée. Les dossiers d’ONG s’empilent donc dans les ambassades, tandis que les gentils organisateurs volontaires pleurent toutes leurs larmes en attendant que ça passe. Mais ça n’a pas l’air de passer, j’ai donc usé de différents contacts pour essayer de débloquer la situation, dont certains assez inattendus. Qui ont peu fonctionné jusqu’à ce jour…

Suite du feuilleton, la semaine prochaine.
Ca fait plus de quatre mois que ça dure. Me revient donc notre fameuse phrase: « in India, if you have patience you will lose it, if you don’t you will learn it… »
Amis de la poésie indienne, je vous souhaite la bonne nuit!

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