Video – Version longue (15 min.)

Directed by Kamal Musale. Produced and financed by Les Films du Lotus, Switzerland, and Curry Western Productions, India.

Mis en scène par Kamal Musale. Réalisé et financé par Les films du lotus de la Suisse, et Curry Western Productions de l’Inde.

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Vidéo – version courte (6 min.)


Directed by Kamal Musale. This film is a short version of the 15 minute long documentary. Produced and financed by Les Films du Lotus, Switzerland, and Curry Western Productions, India.

Mis en scène par Kamal Musale. Ce film est une version abrégée d’un documentaire de 15 minutes. Réalisé et financé par Les films du lotus de la Suisse, et Curry Western Productions de l’Inde.

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American Infertility Specialist, Anne Biris, in Barefoot Acupuncturists in Mumbai

Anne Biris, an acupuncturist from the USA, visits a Barefoot Acupuncturists clinic in a slum of Mumbai. She talks about women infertility.

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New Clinic for Barefoot Acupuncturists in Bandra Station Slum, Mumbai

We opened last week a small clinic in an underprivileged area of Mumbai, in Bandra Station slum. Atmosphere is definitely a good part of the joy encountered in such an entreprise.

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LE TAMIL NADU A PIEDS NUS

Il est temps de parler du Tamil Nadu. J’ai attendu avant de poser le sujet sur le blog, je connais trop bien la fragilité de nos actions et les obstacles qui entravent les réalisations. Rien de gagné encore pour Acupuncteurs aux Pieds Nus, mais certaines choses se mettent en place et valent la peine, je pense, d’être racontées.

L’idée d’aller explorer cette partie de l’Inde vient du fait que l’un de nos stagiaires (en réalité, le seul à ce jour) -Mohamed Rafi- est originaire de cette région, et son grand-père, le Dr Abdula Segu, a créé il y a 15 ans une école d’acupuncture, du nom d’ATAMA. Le Dr Abdula était (il est malheureusement mort dans un accident de voiture en 2005) un personnage charismatique avec une véritable vision pour l’acupuncture dans « un monde sans maladie ». De cette école sont sortis des centaines d’acupuncteurs, dont beaucoup sensibilisés au rôle éventuellement social de cette médecine chinoise.

J’ai rencontré en février 2010 l’actuel directeur de cette école, à qui j’ai proposé de collaborer pour ouvrir des dispensaires en milieu rural. Nous avons donc utilisé ce réseau et nous voilà sur les routes du sud, à la recherche de villages pauvres et à la rencontre d’acupuncteurs formés par ATAMA, désireux de participer à une action humanitaire. Il était assez clair que le niveau d’acupuncture de ces personnes ne serait pas très élevé: principalement parce que les formations en acupuncture en Inde sont insuffisantes et ensuite parce que, comme partout, ceux qui ont un niveau plus élevé grâce à de nombreuses années d’étude et de travail, ont leur propre cabinet et tout naturellement peu de temps pour du travail social.

Il fallait prendre une décision quant à la manière de procéder. Je me suis questionné sur mon expérience à Bombay, où j’ai imposé d’emblée une acupuncture, une organisation, des règles, une discipline… à l’occidentale que je tiens à bout de bras (du moins j’essaie). Le résultat est une structure qui vit difficilement sans moi. Cette organisation, que je force tous les jours à rester cohérente, a tendance pendant mon absence à se relâcher et prendre le chemin élastique. Avec des proportions indiennes qui ne sont pas acceptables à mes yeux. De plus, vouloir commencer un projet à un niveau d’exigence inadapté, peut faire perdre beaucoup de temps et de bonnes personnes en route. Pourquoi ne pas essayer de penser autrement?

J’ai donc décidé d’agir dans le Tamil Nadu à l’inverse de Bombay: installer des dispensaires en n’intervenant que très peu au départ et laisser faire au début. Donner aux acupuncteurs intéressés de travailler avec nous, la possibilité de prendre possession de l’endroit, en l’organisant à leur manière, en y mettant un système propre à la mentalité indienne (car oui, elle est différente de la mentalité occidentale). Ensuite, par des voyages réguliers sur place, nous organiserons des formations afin de relever patiemment, petit à petit, le niveau de chaque aspect de nos cliniques de village.

Vous allez me dire: mais comment oses-tu ouvrir un dispensaire avec un acupuncteur avec un niveau insuffisant? De quel type de responsabilité fais-tu ainsi preuve par rapport aux patients?Je vous réponds (et croyez-moi j’y ai beaucoup réfléchi) que ces acupuncteurs ont fait des études, obtenu un diplôme d’acupuncture reconnu pour le gouvernement indien et pratique déjà dans leur cabinet. Ils ont un niveau qui leur permet de faire du bien sans faire de mal, ça me suffit. Pour commencer.

Je vous raconterai dans le billet suivant quelle est la situation après l’ouverture en juin de notre premier dispensaire. Vous serez surpris (moi, je l’ai été). Je vous parlerai aussi de deux belles femmes qui se sont proposées pour s’occuper de notre second dispensaire. Voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche.

 

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Barefoot Acupuncturists Clinic under Monsoon

Our free acupuncture clinic in a slum of Mumbai, India, end of August, still a bit of rain.

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UNE NUIT DE MOUSSON

Sangheeta s’est mariée cet été, à 27 ans. Il y a quelques mois. Aujourd’hui vers midi, sa mère l’a amenée à notre dispensaire car elle vomissait. Elle est morte à 17h. Il y a quelques heures.

Le rickshaw avance péniblement, battu par une forte pluie. Aveuglé par les phares des voitures venant à sens inverse, il doit à chaque passage de véhicule se rabattre et attendre la nuit noire pour distinguer la route et redémarrer. Nous pénétrons à pieds, entre les parapluies et les trompes d’eau, dans une ruelle du bidonville. Des dizaines de paires de sandales en plastique devant une porte. À l’intérieur, une masse de femmes agglutinées sur le sol, la mère effondrée au milieu d’elles. Un cri hystérique, interminable. Une douleur qui ne guérira pas. Une mère éventrée.

Je n’ai pas vu le mal de la fille, je suis perdu devant le désespoir de sa mère. Je la regarde sans sentir, la prends dans mes bras sans compatir. Je ne peux que penser à comment j’aurais dû comprendre. Envoyer cette jeune mariée aux urgences. Eviter que tous ces voisins, tous mouillés, défilent ce soir sous ces quelques mètres carrés de tôle ondulée. Ou peut-être pas? Mon dieu, cette mère…

Dehors, la pluie ne cesse de s’écraser sans prêter attention, je pense, aux larmes humaines et couvre déjà de ses claquements les insupportables lamentations de cette ruelle inondée. Le lourd drap blanc,  sans vie, porté à bras d’hommes manque de s’étaler dans la boue. Je m’éloigne, je rentre chez moi, inutile.

Inutile.

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LES IMPRESSIONS DE MARIE, RACONTEES PAR ELLE.

Parce que j’ai fait une grave chute en alpinisme, parce qu’elle m’a laissé la vie.
Je suis là.

Toute « cassée « les douleurs quotidiennes ne pouvaient pas m’empêcher de gravir une nouvelle « montagne »  qui me faisait rêver depuis longtemps: m’ouvrir à d’autres médecines et aider. Les lits d’hôpitaux m’offrent temps et matière pour développer cette idée ..et… Walter Fischer met un titre à ce nouveau défit.
C’est parti.
La gorge serrée, je plonge le 6 janvier dans cet immense Bombay.

L’extrême pauvreté cotoyant la richesse et les religions omniprésentes  y tissent  un désordre fantastique.
Des mondes différents s’imbriquent, compacts.

Quand on atterrit en inde pour aider dans un bidonville, on atterrit dans ça :
Un méli mélo d’ une autre logique, de religions, de traditions, de bonheurs simples, voir de dangers.
Alors les premiers temps on se sent extra-terrestre.
On a juste envie de se ranger dans un coin et d’ observer.

Pourtant le feu est déjà sous la marmite .
A la clinique, les flacons, les malades et le monde de l’acupuncture sont dans l’expectative.
Mais les ingredients de la soupe sont imposants: en grande partie des maladies graves et chroniques. Ni infections, ni enfants.

Comment mettre mon grain de sel?

Je me creuse la tête… beaucoup et n’aide… qu’un peu.
La plus grande surprise est de constater un peuple qui à oublié la richesse de l’Ayurveda et des plantes .
Un peuple qui se ruine en médicament et en avale par poignées! Un peuple innocemment convaincu que c’est la panacée .

Mais doucement l’odeur des huiles crée une conversation muette des sens.
On n’ a pas la même langue mais les yeux s’écarquillent, les corps « parlent » et se détendent .Des femmes se relèvent apres un massage … surprise du « voyage ».
J’accompagne les huiles aux corps. L’équipe en prend plein les narines lors d’un ambaumement humain au ravinsare (grippe) ou lors des massages et des ventouses (sciatiques , contractures, polyarthrites .)
L’aroma s avère un excellent allié de l’acupuncture pour adoucir la peur des aiguilles!
Et voila qu’ enfin des petites bouteilles bleus fleurissent pour des maux de dents , une sinusite chronique d’un enfant …ou des allergies .
« Mes » odeurs et épices commencent à intégner la marmite.

Mais nous avons trop peu d’infections de toutes sortes. Je boue! c est poutant pas ce qui manque ici. Mais toute maman veux le meilleur pour son enfant. C’est universel. Comme le « meilleur » ici est l’hôpital et le médicament ! Pas d’enfants.

Les visas ne sont pas éternels. Je dois urgemment bouger, toucher des milieux encore plus pauvres, plus insalubres.

<<Urgemment>> vous dites. Ah! mais nous sommes en Inde demoiselle! L’Inde où tout est possible mais on ne sais pas quand !
TOMORROW à un pouvoir magique ici. IL EST ELASTIQUE;-)
En attendant , j’étudie à fond et découvre le superbe mode de pensée de la médecine chinoise.
Je potentialise l’aroma avec des méthodes de réflexologie et d olfactothérapie .

Je tente meme l’aventure d’acheter des huiles indiennes, histoire d’anticiper la fin du stock offert par Dominique Baudoux et Pranarôm. Sacrés Indiens! Elles ont toutes rejoint la poubelle.

Grace au travail d’Ujwala des visites de slums accompagnées des services sociaux locaux sont enfin possible.

Leurs présences donnent lieux à de riches contacts. Les huiles sont montrées, senties, offertes. Et me sauvent surement d’une gangrène quand mon pied glisse dans un égout visqueux et noiratre (!). Les conditions de vie sont insoutenables . C’est rien de le dire il faut le voir, sentir!

Je touche à mon « rêve »: soigner de porte à porte dans ces zones de taudis.
Mais ces lieux sont soumis à des lois que ma petite condition d’extra-terrestre ne peut pas comprendre. Le porte à porte n est pas possible, il faut trouver une nouvelle clinique.

En outre des mamans ont bien entendu le message .dès le lendemain ,un bébé débarque brulant de fièvre depuis 3 semaines. Inquiète de savoir si le traitement a fait son effet je vais les voir chez eux, deux jours d’aroma l’ont guéri.

Et puis voila qu’un jour une noix de coco est cassée sur le pas d une porte , on se pose un troisieme oeil de couleur et… c’est la pemiere patiente .
Barefoot aromatherapist est née. Humble clinique dans une zone musulmane bien pauvre .
J’ai l’aide d’une jeune au coeur d or. Elle a compris le trésor que contient ma boite aux 40 flacons. J’admire sa mentalité. Elle n’a rien mais ses actes montrent un total désintéressement à l’argent. Elle me raconte le coeur de l’Inde, son village, son mariage à 15 ans …

Ici, changement de décor diététique. Il est toujours formateur de constater l’évolution des maladies suivant les différents mode de vie.
Enrichie par les 1ieres ligne du diagnostic chinois je me sens moins en mode symptomatique devant des fatigues inexpliquées, des foliculites généralisées …
Mais tout ces désordres immunitaires et métaboliques.. allergies, lupus , psoriasis, eczéma sont affolants. Je n’ai jamais autant vu de démangeaisons. Vive la matricaire allemande et la menthe!
entre 2 maladies lourdes ça soulage de n’avoir à combattre que quelques poux dans une belle chevelure!

_<<How are you ?>>
_<<75% better ..100% better>>
La soupe sent bon et ca donne le sourire.
Le stock de flacons vides réduit comme neige au soleil.
L’aroma hatise même la jalousie d’un docteur des alentours qui nous menace. Comment l’aroma doit elle le prendre? Je l’ai pris comme un compliment;-)

2 jours par semaine je retourne au « champs de foire » .
La clinique d’acupuncture « victime de son succès » est magnifique de vie. Walter, dans son élément, va et vient, compose les traitements et fait des miracles. Les patients défilent s’entre-aident et discutent. Tantôt devant l équipe surbookée un ancien petit patient de 10 ans me fait la traduction. Petit patient, qui, soigné par les huiles est devenu un fervent défenseur de la clinique. Il nous emmène des patients toutes les semaines ! Surement un futur élève des classes d’acupuncture que Walter met progressivement en place!
Ca papote, ça rigole. Acupuncture, auriculotherapie par ci, une prép pour une brulure,verrue ou mycose, un massage en complément sur une paralysie faciale (helicryse …) par là.
Et une mamie revient avec une fleur ou des carottes …

Merci Walter.

Mais j’ai beau essayer de raconter ce que le chaudron a mijoté ici .. comment réellement décrire le gout de cette soupe étrange. Catherine Cianci, elle, a pu tremper son doigt dans le chaudon lors de son tour du monde de l’aromathérapie et raconte sa semaine parmi nous . (lien du site et du récit)

Si l’imppression profonde est de n’être une goutte dans l’océan, c’est un pur bien être que d’arrêter le temps et de soigner soutenue par les huiles une heure durant…. une femme , un homme, un enfant .

marie

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PRANARÔM, LES HUILES ET MARIE

Il y a un mois, je vous promettais de vous raconter dans une semaine ma rencontre avec Pranarôm. Vous savez bien, ici le temps est assez flexible, j’utilise cette horloge élastique comme et quand elle m’arrange…

Tout a commencé à la lecture du livre du Docteur Jean Pierre Willem « Médecin aux pieds nus » qui raconte sa vie de chirurgien de guerre pendant 40 ans. Frustré de ne pouvoir agir sur de nombreuses pathologies présentes sur ces terrains extrêmes, il expérimente les plantes et les huiles essentielles avec des résultats surprenants. J’ai plongé dans son histoire, fasciné par un médecin pratiquant une des disciplines les plus certainement indispensables, surtout sur des terrains de conflits meurtriers, et qui va se diriger vers une une pratique naturelle pour satisfaire son besoin de soigner efficacement. Jamais je n’avais imaginé des huiles assez puissantes pour traiter des épidémies, des graves infections,….

Au fil des pages, je réalise que ces huiles pourraient constituer un complément formidable à l’acupuncture humanitaire. Excité par cette idée et commençant à rêver à la manière de concrétiser cette option, je reçois à cette période exactement un message, via mon blog, d’une jeune laborantine française qui dans un enthousiasme rare me parle de son expérience des huiles essentielles, de son désir de se mettre au services des autres, de son souhait d’apprendre l’acupuncture, de son envie de voyager… Il fût bien difficile de résister à autant de bonne d’énergie et de connaissances. Nous nous sommes rencontrés quelques semaines plus tard. Marie est apparue à l’aéroport de Bruxelles avec une sourire et des yeux qui veulent manger le monde. Un peu de chimie, de rêves échangés et on tombe sous le charme l’un de l’autre. Je la fais « tester » par une amie herboriste, Marie réussit brillamment cet examen et reprend l’avion pour ses montagnes françaises après qu’on aie décidé de se retrouver à Bombay en Janvier. On a un projet, un lieu, des patients, des connaissances, il nous manque des huiles. Et là, il faut bien avouer que la vie peut quand même, parfois,  être généreuse. Sous les conseils d’une de mes grandes amies, Marie contacte la société belge PRANARÔM, productrice d’huiles essentielles de qualité et dirigée par Dominique Baudoux. Marie écrit pour présenter notre projet et voilà que sans manière ni perte de temps, Pranarôm accepte non seulement de nous fournir en huiles mais aussi de nous soutenir par des formations gratuites, des livres, des conseils et assistance technique! J’ai eu la chance de rencontrer Dominique Baudoux par la suite. C’est un homme passionné autant que passionnant, idéaliste, charismatique, rigoureux, généreux, homme d’affaires averti, scientifique… un tas de qualités à faire pâlir le débutant que je suis.

Marie est arrivée à Bombay en janvier. Débuts pas évidents pour cette jeune femme dans un enironnement parfois difficile, dans une cliniqe où elle doit trouver et faire sa place, dans une langue qu’elle connaît mal… heureusement, elle a des resources et de la volonté. Nous verrons où nous mènera cette aventure.

A dans quelques mois pour faire le point

ACUPUNCTEURS AUX PIEDS NUS

 

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RETOUR EN VILLE

Voici enfin quelques nouvelles. Les journées ont été courtes depuis mon retour à Bombay, ou alors le corps et la tête trop fatigués. Faut reprendre le rythme.

Quel énorme plaisir de retrouver l’Inde, la clinique, mon appartement, les rues colorées…! Plaisir assez inattendu, il faut bien le dire, j’avais beaucoup de craintes durant les dernières semaines en Belgique, à trop réfléchir et douter: peur de retrouver cette mega ville, bruyante et polluée, faire face aux indéfinis et infinis obstacles de notre petite entreprise, de retrouver la léthargie indienne. Pourtant dès la sortie de l’avion, je respirai avec bonheur l’odeur moite typique de Bombay, réalisant sans doute à quel point l’inconfort et l’imprévisible m’avaient manqué.

Jacques m’attendait à l’aéroport et avait préparé le terrain. Après le passage de plusieurs acupuncteurs et la fermeture pendant quinze jours de la clinique, il avait remis les choses en place et réinstallé une excellente ambiance, chaleureuse, après avoir rapidement conquis notre petite équipe et les patients.

Nous avons travaillé trois jours ensemble avant qu’il ne reparte déjà. Dommage.

La clinique a souffert de la mousson et des mauvaises conditions du bâtiment: une humidité crasse l’a rongée en à peine six mois. Mais les patients sont là et l’équipe est bien rodée. Notre nouvelle traductrice et assistante, Pooja, est charmante, efficace et organisée. Notre stagiaire et assistant, Mohammed est toujours au poste, même si toujours aussi flou, bavard et pas vraiment fiable. Mais il est motivé, je verrai si nous parvenons à le former convenablement. Et bien sûr Ujwala qui s’est occupée de presque tout pendant mon absence.

Pouvoir à nouveau traiter et être au contact de nos patients des bidonvilles m’ont donné un sentiment formidable de joie et de clarté. Ce sentiment, très rare chez moi, qui m’apaise, me rassure dans mon choix et qui permet quelque temps d’espérer que la vie peut être simple.

La première semaine, il nous est en plus arrivée une chouette histoire, qui m’a aidé à penser que le retour se faisait sous de bons augures. J’ai accepté un patient qui m’avait appelé par téléphone, pas quelqu’un des bidonvilles. Je lui ai expliqué que nous ne traitions que les habitants des quartiers pauvres,  mais je n’ai pas eu le coeur à le refuser. Il semblait mettre beaucoup d’espoir dans l’acupuncture. Des problèmes cardiaques l’empêchent de se faire opérer pour de fortes douleurs lombaires. Le dispensaire était plein quand il est arrivé ce matin-là. Il a dû attendre une grosse heure avec les patients du quartier. Ce qu’il a fait sans se plaindre. Je l’ai finalement écouté et traité. Après le traitement, il m’a dit très simplement: « J’ai attendu longtemps ici, j’ai observé et écouté vos patients, j’ai vu ce que vous faisiez. J’aimerais faire une petite contribution à votre travail. Petite et insuffisante, certainement. 100,000 roupies indiennes ». Ça représente 1500 euros, ce qui est déjà une très belle donation chez nous en Europe, mais vous imaginez ici!

Depuis, le rythme s’est installé: 20-25 patientes les lundi, mercredi et vendredi, 15-20 patients les mardi et jeudi. Je ne me lasse pas d’entendre telle vieille ou tel monsieur aux dos douloureux nous raconter comment son quotidien s’améliore. Mais je revois des gens qui viennent se faire traiter depuis plus d’un an et je continue donc à penser qu’il faut beaucoup améliorer la qualité et l’efficacité de nos soins. Nous devrions refuser cinquante personnes tous les jours avec une médecine aussi puissante et gratuite! Au moins que, comme me le répétait encore Jacques, parce qu’on se pourra jamais changer leurs conditions de vie, il faille faire preuve d’avantage de patience…?

Je me suis fixé deux objectifs clairs pour la fin mai 2010: régulariser ma présence en tant qu’acupuncteur volontaire en Inde et trouver suffisamment d’étudiants pour lancer le programme de formation. Je crois que si nous ne parvenons pas à remplir ces deux objectif dans 6 mois, il serait sage de revoir notre stratégie et sans doute d’abandonner l’action à Bombay pour envisager une destination plus adéquate et moins coûteuse.

Notre équipe devrait s’agrandir d’ici peu: Marie, une laborantine française qui va développer l’usage des huiles essentielles et des plantes médicinales, arrive le 7 janvier pour une année. Ryan, un acupuncteur canadien nous rejoint le 22 février pour 3 mois et le Dr Jiang, de Shanghai, devrait être des nôtres vers la fin février, pour 6 mois, mais il reste quelques problèmes à résoudre à son sujet.

La semaine prochaine, je vous raconte une autre histoire: la rencontre avec Marie et la société Pranarôm.

Nous fermons le dispensaire aujourd’hui, vendredi pour le remettre en état, trois journées de travaux. J’en profite pour aller faire quelques contacts et essayer de régler des problèmes administratifs.

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